Les mauvaises conditions de travail des agriculteurs en France ne sont pas nouvelles et poussent à un ras-le-bol sans précédent, créant un climat délétère entre l’État et les producteurs de lait, de viande et de fruits et légumes. Cette colère doit être écoutée avec la plus grande attention par l’État donc et les collectivités implantées dans les milieux ruraux. La décision de François Hollande, de rémunérer davantage les agriculteurs en haussant les prix des produits made in France, n’est pas un problème en soit vu les efforts et l’absence d’annulation de charges pour les agriculteurs, mais ne suffira pas à inverser les conditions néfastes de ce secteur si nous ne regardons pas ce qui provoque le taux de mortalité et d’abandon. D’abord, écouter ceux qui font vivre le domaine agricole. Cela nécessite une approche pragmatique des risques psychosociaux, comme promouvoir des préventions adéquates, avec les collectivités concernées en collaboration avec les acteurs de comité d’hygiène et de sécurité pour ensuite suivre les agriculteurs dans leur mécanisme de travail ; puis adapter leur condition de travail en fonction des contraintes posées en leur proposant des outils ergonomiques, écologiques, technologiques et de confort. L’aspect financier ne suffit pas à être plus proche des acteurs agricoles. Enfin, le domaine de l’agriculture est touché par un fort taux de vieillissement et un faible rajeunissement. L’État doit investir dans la formation et le recrutement des jeunes en instaurant des quotas et des primes et les donner envie de préserver l’agriculture et l’environnement, sans oublier que l’État aura de plus en plus besoin des « emplois verts » pour cause de transition énergétique, de la démographie florissante et du réchauffement climatique. Il aussi faut casser les barrières entre le milieu urbain et rural. Les citadins doivent prendre conscience des enjeux de l’agriculture en participant à cet élan de solidarité pour les agriculteurs, ceux qui nous font nourrir par leur travail et leur courage. Privilégions la proximité et l’écoute pour que cesse le marasme de l’agriculture durant depuis des décennies.